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Des bijoux qui portent un message

Dans le Triangle d'Or, cette région frontalière entre la Birmanie, le Laos et le nord de la Thaïlande, les peuples façonnent des bijoux d'argent depuis des siècles.

Un bijou dit l'appartenance à une ethnie, la place dans la communauté, l'âge, parfois l'occasion : une fête, un mariage, un deuil. On le porte, on le transmet, il passe d'une génération à l'autre comme un bien de famille. Chez les Hmong, les Yao, les Akha ou les Lizu, chaque ethnie a ses formes, ses motifs, ses codes. Le bijou raconte d'où l'on vient.

collier ethnique traditionnel cadenas hmong en argent massif fait main - Itsara

L'argent, un métal protecteur

Dans ces cultures, on prête à l'argent le pouvoir de soigner, de protéger, d'éloigner les mauvais esprits. Chez les Hmong, le chaman utilise des cadenas et des chaînes d'argent lors des cérémonies d'appel de l'âme. Les motifs eux-mêmes ont un sens : dragons, oiseaux, poissons, fleurs, chacun lié à la protection, à la fertilité ou à la prospérité. Certains sont si anciens et si stylisés que seuls les aînés savent encore les lire. Porter un bijou d'argent, ici, c'est se relier à quelque chose de plus grand que soi.

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Les artisans

Aujourd'hui, ce sont les artisans karen qui perpétuent cet art. Ils reproduisent à la main les bijoux traditionnels des ethnies du Triangle d'Or : torques hmong, cadenas protecteurs, bracelets et bagues anciens, à partir d'argent pur.

Les ateliers sont de petites structures, souvent familiales : deux à cinq personnes qui travaillent ensemble, à un rythme calme. Les horaires suivent la vie du village : la sortie de l'école, les récoltes, les fêtes bouddhistes, les moments d'entraide entre voisins. Autrefois réservé aux hommes, le travail de l'argent est aujourd'hui pratiqué autant par les femmes.

La spiritualité du peuple karen est profondément animiste. Elle est tournée vers la nature et les ancêtres, et mêlée au bouddhisme theravāda. Dans les foyers, on honore les esprits ; dans les temples, on suit l'enseignement de Bouddha.

Le village de Na Saï

Nos bijoux naissent tous dans le même village, dans la province de Lamphun, au nord de la Thaïlande. Une communauté rurale karen pga k'nyau d'environ 5000 habitants, où la vie s'organise autour de l'agriculture, de l'artisanat et du bouddhisme. En 1978, après la visite du roi Bhumibol Adulyadej — Rama IX —, le village a bénéficié d'un programme royal destiné à soutenir les savoir-faire des minorités du nord. Le tissage, les cultures, et le travail de l'argent ont ainsi été encouragés et préservés. C'est en partie grâce à ce soutien que cet artisanat existe encore aujourd'hui. C'est dans ce lieu, entre travail, terre et spiritualité, que naissent les bijoux Itsara.